Pourquoi tu as envie de contacter ton ex pile quand ça fait le plus mal

Ce désir nocturne de recontacter son ex a une explication neurobiologique. Un guide basé sur la recherche pour survivre aux heures les plus difficiles, un instant à la fois.

Il est deux heures du matin. Tu scrolles sur ton téléphone depuis une heure. Ton doigt dérive sans cesse vers son nom.

Tu veux appeler, ou envoyer ce message ?

Tu sais que tu ne devrais pas rouvrir cette conversation, et surtout pas la relire une fois de plus. Tu l'as déjà lue cent fois. Et pourtant, tu as l'impression qu'il faut absolument que tu la relises. Peut-être envoyer un nouveau message. Peut-être appeler.

Ces moments sont les plus difficiles de tout le processus de rupture.

Le premier jour n'est pas le plus dur. Il y a souvent une sorte d'euphorie que tout soit fini, ou un sentiment d'irréalité, voire de choc. Le plus dur, ce sont ces fins de soirées et ces heures nocturnes, quand ton esprit a déjà décidé ce qu'il veut et que ton corps veut faire autrement. Ton corps veut répéter la routine familière.

Un autre moment difficile est le petit matin, juste après ton réveil. Tu es encore proche du sommeil, encore vulnérable. Tu aspires à la sécurité que tu n'as pas réellement reçue de sa part, mais tu veux encore croire que cette sécurité aurait pu exister chez cette personne.

Cela ne veut en aucun cas dire que tu es faible. C'est une habitude, et ton cerveau fait exactement ce pour quoi il a été entraîné. C'est comme ça.

Tu as déjà pris ta décision. Le fait que tu t'y tiennes, que tu lises ce texte ou que tu utilises Get Closure au lieu d'envoyer un message ou de passer cet appel, c'est énorme. C'est vraiment merveilleux que tu t'accroches à ta décision.

Ce qui se passe dans ton cerveau en ce moment

Une relation longue ou intense apprend au cerveau à considérer la présence d'une autre personne comme la source de sa sécurité. Il y a une base biologique à cela. On parle ici du mécanisme de base de l'attachement, qui a été étudié en profondeur.

Quand la relation prend fin, ton cerveau ne peut pas le comprendre rationnellement ni s'y adapter immédiatement. Il réagit à l'absence de ton ex un peu comme il réagirait à une menace aiguë. Le système nerveux s'active, les hormones du stress montent, et un besoin intense et urgent de restaurer cette connexion apparaît.

Ce sentiment est authentiquement réel, même si la situation de rupture n'est pas objectivement dangereuse. Ça ressemble juste à de la douleur. Ça ressemble à une menace. C'est absolument horrible.

Surtout la nuit, quand tu es fatigué·e et seul·e, le contrôle du cortex préfrontal est au plus bas. Le cortex préfrontal, c'est là que réside le contrôle des impulsions. Son rôle est de te rappeler les raisons pour lesquelles tu as quitté la relation. Quand il est fatigué et qu'il n'est pas pleinement opérationnel, il ne reste que le manque brut et la douleur.

C'est une bonne explication du fait que ces messages ont tendance à être envoyés la nuit, et non le matin ou pendant la journée.

Quand le manque atteint son paroxysme

Ces pics n'arrivent pas au hasard.

Le manque a tendance à s'activer quand tu tombes sur quelque chose que tu aurais voulu partager avec ton ex. Une bonne nouvelle. Une blague qui, tu le sais, l'aurait fait rire. Votre chanson.

Ce sont des choses que tu avais l'habitude de partager avec ton ex. Ton cerveau lui a automatiquement attribué le rôle de « la personne à qui je raconte tout ». Ce rôle lui est toujours assigné, même si la relation n'existe plus.

L'alcool amplifie cet effet, car il affaiblit le contrôle du cortex préfrontal. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux professionnels qui parlent du maintien du silence radio recommandent une prudence particulière avec l'alcool et d'autres substances pendant les mois qui suivent une rupture.

Les réseaux sociaux jouent leur propre rôle dans l'émergence du manque. Les algorithmes font remonter de vieilles photos, des publications de vos ami·e·s commun·e·s, des publicités pour des produits dont vous parliez. Ton cerveau interprète cela comme des signaux que ton ex est toujours-là, d'une certaine manière, même si ce n'est pas le cas.

Parfois, le manque surgit pour une tout autre raison. Quelqu'un t'a blessé·e, ou tes attentes ont été déçues. Les anciens attachements, l'ex précédent, offrent une prévisibilité, même si ces relations n'étaient ni bonnes ni sûres. Le cerveau aspire au familier, même quand ce familier a été profondément douloureux.

Ce que tu peux faire quand le manque est insupportable

Il n'y a pas de solution miracle pour ce genre de douleur. Mais toutes ces options sont meilleures que d'envoyer le message ou de passer l'appel.

Mets une distance physique avec ton téléphone. Ne fais pas confiance à ta volonté, car tu es déjà en train de scroller dans la conversation. Emmène ton téléphone dans une autre pièce ou éteins-le. Donne-le à ton/ta coloc, à ton enfant, ou à un·e ami·e pour la nuit. Active le mode « ne pas déranger » le plus strict que tu aies.

Plus il y a d'étapes physiques entre toi et le téléphone, plus ton cortex préfrontal a de chances de se réveiller avant que tu n'appelles ou n'envoies le message.

Écris le message que tu veux envoyer, mais ne l'envoie pas. Ouvre une note, un journal ou un outil où tu peux lui écrire tout ce que tu veux dire, là, maintenant. Ne censure rien. Laisse tout sortir.

Libérer l'émotion par l'écriture réduit son intensité et son urgence. Ça calme le jeu.

C'est l'une des idées fondamentales de Get Closure. C'est un espace où tu peux avoir la conversation que tu voudrais avoir, mais que tu ne peux pas avoir, avec ton ex.

Ensuite, bouge. Une petite marche, quelques squats, fais travailler les gros muscles, secoue tout ton corps. De cette façon, tu sors ton système nerveux de cet état de manque figé. Tu te donnes autre chose sur quoi te concentrer. Il ne s'agit pas d'éviter les émotions. Tu donnes à ton corps un moyen de décharger physiquement l'activation du stress.

Ou appelle quelqu'un qui connaît la situation. Quelqu'un à qui tu n'as rien à expliquer. Que ce soit un·e ami·e, une sœur, ou une personne de soutien. Une seule minute de conversation avec la bonne personne libère de l'ocytocine, ce qui calme ton système nerveux.

Si personne n'est réveillé·e, enregistre-toi un message apaisant et écoute-le autant de fois que nécessaire.

Ce que tu perdrais vraiment en envoyant ce message

Réfléchissons-y un instant.

Si tu envoies le message, tu recevras très probablement une réponse, et ton soulagement sera réel pendant un instant. C'est vrai.

Seulement, tu paies ça un prix exorbitant.

Chaque contact relance tout le processus. Ton système nerveux commençait déjà à s'adapter à l'absence de ton ex. Il est replongé dans la phase active. Et te voilà à nouveau à te demander où ton ex est, ce qu'il ou elle fait, s'il ou elle va répondre, ce qu'il ou elle a voulu dire par ce qu'il ou elle a écrit.

Chacune de ces questions te rattache à nouveau à la relation et à cette personne.

Rompre ton silence radio peut prolonger ton temps de guérison de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. C'est un schéma qui a été identifié par la recherche. Ce n'est pas une simple supposition.

Même si tu obtiens une réponse de ton ex, il est très probable que tu n'obtiennes pas ce que tu espères. La plupart des questions auxquelles tu voudrais une réponse, ton ex ne peut en fait pas y répondre. Pourquoi s'est-il ou elle comporté·e comme ça ? Pourquoi n'étais-tu pas assez ? Qu'aurais-tu pu faire différemment ?

Ces questions ne vont pas lui donner envie de te donner des réponses qui apaisent ton esprit. Les poser te ramène tout droit dans le même marécage, les mêmes boucles de conversation que vous avez probablement eues pendant très, très longtemps. Elles n'ont jamais apporté de solutions.

Un instant à la fois

C'est la partie la plus importante.

Toujours un instant à la fois. Survivre à une soirée, survivre à une nuit, survivre à un matin. Une minute, une heure, quelques heures, une journée entière à la fois.

Tu ne peux pas te dire « plus jamais ». Ça fait trop mal.

Pense plutôt : pas maintenant, juste pour cet instant. Pas dans l'heure qui vient. Pas dans la journée qui vient.

Ne pense pas trop loin. Ça devient douloureusement irréversible. Et même si c'est final et irréversible, tu n'as pas à y penser. Ça ne te causera très probablement qu'une immense douleur.

Au début, tu comptes les minutes ou les heures. Les jours, c'est déjà une bonne chose.

Puis tu commences à compter en semaines. Et puis tu ne te souviens même plus de la dernière fois où tu as ressenti ce besoin urgent de contacter ton ex. Tu ne te souviens peut-être même plus de la dernière fois où tu as pensé à ton ex. Tu n'y penses peut-être même plus du tout.

Maintenant, c'est dur. Cet instant est dur. Cette nuit sera peut-être dure.

Mais tu sais quoi ? Tu vas y arriver.

Demain, dans un petit moment, très bientôt, tu auras franchi une étape de plus dans ta guérison.

C'est vraiment merveilleux que tu n'envoies pas ce message.


Get Closure est un espace pour avoir la conversation que tu ne peux pas avoir avec ton ex. Spécialement conçu pour les moments difficiles, qu'ils surviennent la nuit, le jour, ou en plein milieu d'une douleur aiguë.

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